48h a Chefchaouen

Empreinte de sérénité, Chefchaouen, est un havre de paix dans un Maroc bouillonnant. Au détour d’une route sinueuse, l’ancienne forteresse se dévoile. Lovée au creux des montagnes du Rif, elle constitue un point de départ tout indiqué pour de courtes ou longues randonnées. Chefchaouen se distingue toutefois davantage par le charme de sa médina, dont l’éclat des ruelles blanches et bleues illumine la vallée de Laou.

Les méandres bleus de la médina

Impatients de s’imprégner de l’âme de Chefchaouen, nous traversons les quelques mètres nous séparant encore de l’entrée de la médina. Rapidement, les maisons mariant les styles andalou et maghrébin, toutes peintes d’un bleu éclatant, se succède

 dans les ruelles entremêlées. Afin de préserver l’apparence singulière de la ville, les façades des bâtiments sont ravalées à la chaux colorée régulièrement, au grand bonheur des visiteurs. Une attention particulière est accordée aux portes, véritables chefs-d’oeuvre ornés de poignées travaillées, de mosaïques et de clous décoratifs.

Place Outa el Hammam

Portés par les odeurs et les sons, nous aboutissons à la place Outa el Hammam. Épicentre de la médina, elle rassemble les restaurants, cafés et principales attractions de la ville. C’est à l’ombre de l’imposant sapin que les habitants de Chefchaouen s’assoient et discutent, le regard curieux posé sur les passants. À la mode d’ici, nous nous attablons à une terrasse pour siroter un thé à la menthe et prendre une bouchée. Les mots d’ordre: observation et relaxation. Entre les hordes de touristes défilent des hommes vêtus de djellabas et des femmes arborant le traditionnel chapeau de paille orné de pompons colorés. À l’extrémité sud de la place s’élève le minaret octogonal de la Grande Mosquée de Chefchaouen, dite El Masjid El Aadam, érigée au XVe siècle au coeur de la médina.

À l’assaut de la kasbah

Rassasiés, nous nous dirigeons vers la kasbah, adjacente à la Grande Mosquée. Dominant la grande place, la citadelle rappelle le rôle défensif qu’a autrefois joué la cité lors des invasions portugaises. Ses murs épais et dentelés dissimulent un jardin bien fourni, surnommé «le poumon de la ville», où il fait bon se réfugier en après-midi, alors que le mercure ne cesse de grimper. Une visite des lieux nous permet de découvrir les us et coutumes grâce aux expositions du Musée ethnographique de Chefchaouen. Avant de regagner le timide brouhaha de la grande place, nous profitons de la vue qu’offre la plus haute tour de la forteresse sur l’enchevêtrement des ruelles bleues de la médina. Musée ethnographique de Chefchaouen Kasbah Outa Hammam

 

Un repas des Mille et une nuits

Nous l’avions repéré depuis le matin. Le spacieux restaurant Aladin, aux façades peintes en bleu et surplombant la grande place, attire l’oeil. Ses salons, décorés de coussins aux couleurs vives et de lampes orientales, sont dignes d’un palais des Mille et une nuits. Nous nous engouffrons dans ce décor féérique pour rejoindre la terrasse. Située sur le toit, elle offre une vue imprenable sur les environs. Au menu: des spécialités bien marocaines, allant du tajine au couscous, le tout arrosé du traditionnel thé à la menthe. Pour couronner ce moment empreint de magie, le soleil se couche sur Chefchaouen, tandis que le chant du muezzin s’élève, appelant à la prière.


L’ambiance du souk

Avec toutes ces échoppes invitantes aux couleurs vives, difficile d’ignorer l’appel du magasinage plus longtemps. Nous nous dirigeons d’abord vers l’Ensemble Artisanal, une boutique chapeautée par le gouvernement où les prix affichés sont fixes. Nous errons entre les ateliers, où les artisans s’activent déjà sur les métiers à tisser, en prenant bien soin de noter toutes les informations pouvant s’avérer utiles lors d’une éventuelle négociation. Achetons sur place ou partons à l’assaut des boutiques, à la recherche de la création de poterie ou de la couverture tissée qui fera chavirer notre coeur. Bien que chaque petite rue de la médina accueille son lot de vendeurs, ceux-ci sont plutôt regroupés autour de la place Outa el Hammam et dans le quartier Souika.

 

Saveurs locales

Pendant ce temps, un petit marché s’est établi dans une ruelle étroite à l’est de la place Outa el Hammam. Au pied d’une fontaine, de vieilles dames étalent légumes et fruits fraîchement cueillis à même le sol. Vêtues du costume traditionnel constitué d’un épais tissu rayé rouge et blanc, elles proposent aux passants des figues de Barbarie, de la menthe et des tomates. Certains jours, on peut même y trouver le fameux fromage de chèvre de Chefchaouen. Nous en profitons pour goûter les produits de la région et, du coup, faire des provisions!

 

Source Ras el Ma

Non loin de là, nous empruntons l’avenue Hassan I pour accéder au quartier El Onsar, situé à l’est de la médina. Tout au bout de cette allée ascendante, nous débouchons sur la source Ras el Ma, qui émerge des montagnes et abreuve la rivière Fouara. En après-midi, cette oasis accueille natifs et touristes en quête d’un peu de fraîcheur. Depuis des lunes, elle sert également de lavoir aux habitants de Chefchaouen. Femmes et enfants y nettoient des tapis ou des couvertures alors que d’autres se prélassent sur des rochers. En période estivale, une atmosphère de fête s’empare des lieux. Des vendeurs ambulants diffusent des airs populaires et proposent aux visiteurs des boissons fraîches et des friandises. Nous apaisons notre soif en sirotant une limonade avant de passer le pont de pierre pour rejoindre les montagnes.

 

Chefchaouen vue du ciel

Nous foulons le sentier de terre grâce auquel nous atteindrons la mosquée abandonnée au terme d’une randonnée de 2 km. L’histoire nous apprend que la mosquée, autrefois construite par les Espagnols, fut abandonnée au début du XXe siècle. En elles-mêmes, les ruines ne présentent aucun intérêt pour les visiteurs, si ce n’est de satisfaire leur curiosité. Le site, quant à lui, a une position géographique des plus intéressantes. De là-haut, nous jouissons d’une vue imprenable sur cette région montagneuse et verdoyante. Décidément, l’effort en valait la peine, ne serait-ce que pour immortaliser la beauté de Chefchaouen dans un décor digne d’une carte postale.

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